Refondre le site d'une marque qui vend à trois métiers
Une landing page par secteur, un calculateur qui rend l'argument prix démontrable, et un diagnostic d'acquisition qui a rebattu les priorités.
Le site de Mute a été refait, mesuré, puis refait encore. Ce case suit ce cycle sur quatre ans : la recherche qui a décidé de l'architecture, l'audit qui a mesuré ce qui n'allait pas, et l'état des lieux SEO qui a redéfini à quoi ce site sert vraiment.

Le point de départ
En 2022, le site tournait sous WordPress avec une agence extérieure : je faisais les maquettes, le contenu et le SEO, l'agence intégrait. Au rebranding, tout est rapatrié sur Framer, que je tiens seul de la conception au déploiement. L'ambition monte d'un cran, un rendu sobre mais travaillé, des animations soignées, de la 3D.
La recherche
Mute vend à trois métiers qui n'ont rien en commun. J'ai construit un persona pour chacun. Un chef de projet bâtiment qui a besoin de puissance, d'autonomie et de matériel qui encaisse les conditions de chantier. Une directrice technique dans l'audiovisuel dont la contrainte première est le bruit sur un plateau, parce qu'un groupe électrogène ruine une prise de son. Une coordinatrice événementiel qui veut alimenter en extérieur, répondre aux attentes écologiques de ses clients, et surtout n'avoir qu'un seul fournisseur à gérer. Trois besoins, trois discours. La conclusion tient en une ligne : un choix de secteur d'activité, puis une landing page par secteur avec ses propres arguments commerciaux. Toute l'architecture du site en découle.


L'architecture
L'accueil devient un aiguillage dont le travail est d'envoyer chaque visiteur vers sa page secteur. Les wireframes sont posés page par page avec, dans les annotations, l'intention de chaque section plutôt que sa mise en forme. Le parcours de vente est écrit avant les maquettes : accueil, page secteur, calculateur, demande de devis ou de démo, relance par mail.

Une page par métier
La recherche donne l'architecture, la direction artistique la rend lisible. Le même gabarit est décliné pour chaque métier : la structure, le système de composants et la charte ne bougent pas, la photo, l'accroche et les arguments changent entièrement. Un chef de chantier, une directrice technique et une coordinatrice événementiel arrivent chacun sur une page qui parle son langage, sans que la marque se disperse.




Montrer le produit
La direction artistique change de registre dès qu'on parle de données ou de fiche technique : le fond passe au noir et le produit se dessine en blueprint, ouvert sur ses composants. C'est le langage graphique posé dans le guide de marque, réutilisé ici pour montrer la conception plutôt que la photographier. Le basculement de fond prévient le lecteur qu'il entre dans le technique, sans avoir à le lui écrire.
Le calculateur
Le produit coûte plus cher à l'achat qu'un groupe électrogène et moins cher à l'usage. C'est un argument invendable en une phrase, donc j'en ai fait un outil. On entre ses heures de fonctionnement, ses jours par mois, la puissance et le nombre de ses groupes actuels, et on obtient les coûts comparés sur quinze ans, la courbe qui montre où les deux se croisent, et les émissions évitées traduites en quelque chose de lisible, l'équivalent de cent cinquante vols Paris New-York. Les résultats sont exportables et servent de pièce jointe à une demande de devis.

Décider la v2 sur des mesures
Un site livré n'est pas un site fini. Je suis repassé dessus avec les heatmaps, les enregistrements de sessions puis la Search Console, pour arbitrer la v2 sur des chiffres plutôt que sur des avis. Les pages secteurs tiennent, avec près de trois minutes passées en moyenne sur la page bâtiment. L'accueil envoie un tiers des visiteurs vers une page secteur quand la cible est autour de la moitié : c'est le premier levier. Côté acquisition, ce qui bloque n'est pas le contenu mais l'autorité, dix domaines référents contre soixante-cinq et six cent quarante chez les deux concurrents européens de référence, alors qu'aucun partenaire institutionnel affiché sur le site ne pointe vers lui. Chaque constat est sorti en piste corrigeable, section par section, avec l'ordre dans lequel les traiter.






Ce que ça change
La conclusion a changé la fonction du site. Les leads viennent des commerciaux terrain, des distributeurs et des grands comptes. Le site ne les découvre pas, il les convertit. Il doit donc rassurer au moment de la signature, récupérer les liens des partenaires déjà acquis, et reprendre la main sur l'entité de marque.
La refonte en cours
La refonte de 2026 exécute ces deux audits. Elle reprend le vocabulaire que les clients tapent réellement plutôt que celui de l'entreprise, remet l'accueil dans l'ordre mesuré, remplace les boutons qui ne convertissent pas, et publie les comparatifs chiffrés que l'entreprise avait déjà en interne sans les avoir jamais mis en ligne.